Lecture des livres dont vous êtes le héros
8 Octobre 2015
Vous pénétrez sans état d’âme dans la bâtisse. Au premier abord, il semblerait que malgré la vétusté des lieux, quelqu’un y habite puisque le passage est dégagé, et de faibles lueurs à l’intérieur vous font songer qu’il y a ici-bas des lanternes de suie allumées, prouvant un semblant de civilisation dans ces ruines. Votre impression est tout de suite vérifiée, alors que vous voyez un homme assis sur un trône en pierre. Le trône n’est d’ailleurs pas entièrement fait de pierre, puisque les accoudoirs sont en bois et représentent un drôle d’animal à la tête plate, avec un long bec et des griffes acérées. Quant à l’homme, il a un visage poupon, est vêtu d’une sorte de gilet et de pagne faits de feuilles d’arbres tropicaux, et il porte sur la tête une coiffe faite de longues plumes bariolées. Enfin pend à son cou un collier fait de minuscules crânes.
Il tend vers vous son doigt osseux, tandis que son autre main remue un bâton de bois : « Toi, que fais-tu par ici ? Qui es-tu pour violer l’enceinte de mon territoire ? Qui es-tu pour pénétrer dans ma demeure ?
— Je suis une aventurière, rétorquez-vous, vous demandant pourquoi cet individu a répété trois fois ses phrases. Je ne voulais nullement vous déranger, mais je recherche…
— Ici, on ne recherche rien, mais on passe son chemin. Et ceux qui recherchent leur chemin ne passent rien, mais ce sont des choses qui arrivent que relativement rarement, toutes les éclipses de soleil des pleines lunes. Des chercheurs qui cherchent, on en trouve, mais des chercheurs qui trouvent, on n’en cherche pas non plus. Je n’ai pas besoin qu’une aventurière impolie me dérange pendant ma sieste quinquennale. Tu n’es pas la malvenue, et tu n’es surtout pas la bienvenue, mais comme tu semblais ignorer les règles de bienséance, je n’en tiendrai pas rigueur et t’autoriserai à t’en aller sans mot dire… Oui ? »
L’homme vient de tendre l’oreille, comme pour écouter un interlocuteur, mais vous ne lui avez pas adressé la parole. Il semblerait que l’homme se concentre sur une conversation qu’il entend à lui seul. Peut-être un de ses conseillers est-il caché par le trône ? Vous décidez de faire un pas pour en avoir le coeur net, mais un mouvement brusque vous arrête d’un coup : « Plus un geste, vagabonde ! NE BOUGE PLUS J’AI DIT ! Voilà, reste immobile. J’ai une mission à te confier. Vois-tu, je suis le Maître des Ornithorynques ( une créature dont vous n’avez d’ailleurs jamais entendu parler ). Ou plutôt, le NOUVEAU maître, car l’ancien a abandonné son rôle il y a de cela des mois. C’est un lâche, un immonde lâche qui nous a tous abandonnés durant la troisième guerre contre les Baronnies du Sud ! L’empire des Mouettes nous a roulé dessus ! Il nous a écrasés ! Il a disparu, et j’ai entendu dire qu’il rôde dans les souterrains perdus de ce temple. Je sais qu’il complote pour reprendre sa place, maintenant que la situation s’est améliorée en surface. Mais il est traître et mérite la mort ! Je t’engage donc pour détruire ce diabolique homme… Si tu acceptes, je te donnerai le trésor qui se situe dans le coffret sous mon trône, c’est le moins que je puisse faire.
Si vous acceptez la proposition du nouveau Maître des Ornithorynques.
Si vous déclinez cette offre et vous dirigez vers la sortie.