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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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Vous craignez de créer une destruction de l'équilibre cosmique : si vous êtes bien dans le passé et que vous ne sauvez pas ces gens, comment pourrez-vous repartir ou auriez-vous pu repartir ? Cette situation paradoxale vous met mal à l'aise. Mais vous êtes persuadé au fond de vous-même que les événements doivent se rapprocher le plus possible de votre réalité. Changer le passé risque de vous apporter des ennuis bien plus insolubles, voire des conséquences fort désastreuses concernant les événements que vous avez vécu depuis que vous avez quitté Akbar la première fois.
Vous avez soudain la chair de poule lorsque vous entendez un sifflement trop reconnaissable. Vous vous retournez pour voir le Spectre Chasseur traverser le mur et clamer d'une voix sépulcrale :
« Donnez-moi la machine ou…
Sa menace est couverte par l'alerte du vaisseau :
- Alerte ! Alerte ! Collision dans huit minutes ! Altitude cent quatre-vingt kilomètres ! Alerte ! Alerte ! Collision dans huit minutes ! Altitude cent quatre-vingt kilomètres ! Alerte ! Alerte…
Vous tentez de contacter la Déesse-Fleur. Si vous devez mourir, autant que ce soit en sauvant ce tout ce qui peut l'être. Le spectre approche ses griffes de votre cou. Vous sentez votre dernière heure arriver, lorsque soudain, le monstre est littéralement éjecté en arrière, et traverse le mur à une vitesse hallucinante, disparaissant définitivement de votre vue. Votre coeur bat à tout rompre, lorsque vous réalisez que vous venez d'échanger une menace de mort pour une autre : l'écrasement.
- Alerte ! Alerte ! Collision dans cinq minutes ! Altitude cent cinquante kilomètres ! Alerte ! Alerte ! Collision dans cinq minutes ! Altitude cent cinquante kilomètres ! Alerte ! Alerte…
- Déesse des Ph'lèèèèène !!! Vous allez tous mouriiirr !! hurlez-vous comme un damné.
- Tu es un Technologique, tu es le mal ! lance la voix autoritaire et froide.
- Oui ! Et on va tous vous détruire !! répondez-vous avec haine.
- Non ! Car tu ne le veux pas…
Soudain, vous flottez dans la salle vide, puis le décor défile à toute allure. Vous criez sous la surprise quand vous passez littéralement au travers du vaisseau. En dessous de vous, le continent sud s'étend telle une carte géante que l'on aurait déroulée sur une table géante. La monstrueuse masse de métal en forme de croix à double traverse continue sa descente, telle une boule de feu géante allant détruire définitivement cette planète innocente. Il incurve sa trajectoire vers le majestueux pic blanc qui trône au dessus de la chaîne orientale de la vallée d'émeraude.
Toujours en lévitation, vous assistez à l'inévitable collision. Une éclatante boule de feu qui libère un formidable nuage grisâtre composé d'eau dans ses trois états et de roche pulvérisée. C'est à ce moment que vous amorcez malgré vous votre descente. Le nuage de scorie s'étend à une vitesse plutôt étonnante, se dépose sur une grande partie de la vallée, puis s'estompe lentement. Le tapis de verdure reprend ses couleurs au fur et à mesure de votre chute. Sur la montagne détruite, des formes s'agitent telles des fourmis : elles construisent un village, puis un téléphérique. Au milieu du lac gelé, une gigantesque fleur cristalline émerge doucement. Effaré, vous comprenez que vous assistez à l'évolution des colons d'Akbar en accéléré. Vous ne savez pas quel est la signification de ce qui vous arrive, mais quelque part, vous êtes satisfait d'avoir sauvé ces deux communautés, même si elles sont vouées à s'opposer. La trame temporelle continue son cours de plus en plus rapidement. Vous croisez la tour de cristal en pleine évolution, affublée d'une sorte de cabine en acier au-dessus. Sûrement l'habitacle du robot qui vous a aidé - et vous aidera. Au nord, la colonisation de l'embouchure du Dorgan progresse rapidement. Lorsque vous n'êtes qu'à une centaine de mètre des montagnes, vous passez entre deux pics pour vous enfoncer dans une crevasse noire. Vous paniquez, et lancez un hurlement final exutoire :
- Nooooooooon !!!!!
Vous arrêtez enfin d'hurler. Votre respiration est saccadée, il fait noir. Vous êtes épouvanté lorsque votre main rencontre la substance visqueuse qui recouvre votre visage. En voulant vous essuyer sur votre pantalon, vous constatez que celui-ci est aussi dans le même état.
Tout à coup, des lumières flottantes apparaissent. Il s'agit de papillons arborant des ailes très grandes - de la taille de votre main - et qui virevoltent autour de vous. La lueur qu'ils libèrent est captée et amplifiée par la mousse phosphorescente qui recouvre les parois. Toute la grotte dans laquelle vous venez de vous réveiller est illuminée, mais votre esprit reste embrouillé. Où se trouve la réalité ? Où se trouve le rêve ? La seule chose qui mérite votre attention est derrière vous : une grosse masse vivante ressemblant à un immense cerveau, dont les circonvolutions pulsent au rythme d'un fluide le parcourant. Lorsque vous posez votre main dessus, vous reconnaissez la texture du fluide qui vous recouvre. Soudain, une ouverture se forme, et votre sac est expulsé, accompagné de fils visqueux. Vous surmontez votre dégoût pour l'ouvrir. L'intérieur est rempli de fluide, mais vous y retrouvez toutes vos affaires (par contre, rayez tous les repas de votre Feuille d'Aventure). Un appel télépathique vous parvient :
- Ça va, créature humaine ?
- Heu oui.
- Bien, tu vas pouvoir repartir d'ici.
- Et comment ?
- Suit les papillons veilleurs jusqu'à la sortie des grottes. Ensuite, prend l'ascenseur dans la Tour de Diamant.
- Mais, il fait un froid mortel dehors !
- Si tu gardes mon liquide sur toi, il t'isolera et te nourrira en passant par les pores de ta peau. Ne t'inquiète pas.
- Qui êtes-vous ?
- Je suis la Mère-Gemme. Une créature crée par la science génétique des Éridanis et une amibe Ph'lène. Mon rôle a été d'enfanter la Tour de Diamant et de te préserver pour que tu puisses continuer ta mission.
- Qu'en est-il des relations entre les colons et les Ph'lènes ?
- Ils s'entendent à merveille, et ce, grâce à toi. La Déesse n'a pas répété les erreurs…
La masse gélatineuse est prise de tremblements réguliers.
- …du futur, pourrait-on dire.
- Et bien je suis heureux d'avoir pu faire quelque chose d'aussi merveilleux.
- Lorsque tu seras en haut, tu devras mettre en marche la station.
- Hein ?
- Personne ne l'a fait, car cela aurait nuit à ton départ.
- Ah, la porte permanente, c'est vrai, marmonnez-vous. Que dois-je faire ?
- Toutes les instructions sont dans les ordinateurs. Tu as juste à enclencher la pile. Il s'agit de deux demi-globes qui généreront une énergie suffisante pour alerter le conseil galactique qui s'est créé entre-temps. Dès que ce sera fait, tu pourras partir. Le robot s'activera tout seul au bout d'une demi-heure.
- Combien de temps s'est écoulé ? J'ai quel âge ?
- Tu as été en stase dans une poche régénératrice en moi. Tes cellules ont été renouvelées en continu pendant mille huit cents ans, alors que ton âme a été entretenue par les pouvoirs magiques des Ph'lènes. Chose possible grâce au poison mutant qui était en toi.
- Mille huit cents ans… répétez-vous hébété. Bon, ben merci pour tout alors.
- Adieu, et merci, au nom des Ph'lènes et des colons d'Éridan.
- Adieu, dites-vous en faisant un signe de la main.
Vous suivez les papillons qui vous guident jusqu'à la sortie. Effectivement, vous ne sentez pas la morsure du froid avec votre couche de gel nutritif. La couche qui recouvre vos yeux s'opacifie, ce qui vous permet d'avancer vers la tour flamboyante sans risquer de finir aveugle. À l'intérieur, vous retrouvez la même salle. La majorité du fluide qui vous protégeait a maintenant disparu. La couche qui recouvrait vos vêtements et votre sac s'est cristallisée. Elle part en poussière quand vous la frottez. Au moment où vous montez dans l'ascenseur, vous entendez un claquement, et êtes brusquement projeté au sol. La pression due au déplacement vous écrase. Finalement, vous arrêtez de lutter contre la douleur, puis vous évanouissez.
Au réveil, la cabine est arrêtée. Vous montez dans la salle du dessus grâce à des échelons soudés sur la paroi. À la faveur de la lumière qui est diffusée par la tour cristalline, vous devinez une porte fermée. Il vous faut beaucoup de force et de patience pour ne serait-ce que pour réussir à l'entrouvrir. Finalement, vous passez ce dernier obstacle pour vous retrouver dans le noir total. Dès que vous êtes habitué à l'obscurité, vous découvrez les deux demi-globes phosphorescents sur le côté. Vous avancez en tâtonnant, puis réunissez les deux parties. Il se dégage alors une forte luminosité, et vous retrouvez la même salle métallique que la première fois. Sauf que tout est éteint. Le robot est le même que dans vos souvenirs. Vous restez quelques minutes devant ce spectacle étonnant. La boucle est bouclée. Et vous avez pris un sacré coup de vieux ! Vous activez le Daleth, et devant vous trois portes s'affichent aussitôt, flottants à quelques centimètres au dessus du sol.

Sans réfléchir plus longtemps vous faites votre choix.

Si vous empruntez la première porte, qui est rouge sang.

Si vous franchissez plutôt la deuxième porte, qui est une sorte de mélange de vert et de bleu.

Si vous choisissez la troisième porte, de couleur rose bonbon.

Mais si vous avez déjà visité tous ces Mondes.

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