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Le Site dont vous êtes le Héros

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LES SIX SENTINELLES

LES SIX SENTINELLES

Au moment où vous vous portez volontaire, vous vous souvenez du camp d'entraînement, et vous comprenez votre erreur. Les vétérans ne vous conseillaient-ils pas de ne jamais faire de zèle ? Et vous voilà maintenant dans cette citadelle assiégée, un pas en avant des autres, dont vous entendez les ricanements dans votre dos. Le Capitaine Laski sourit, et vous emmène à l'intérieur de la citadelle. De temps en temps, une déflagration ébranle l'édifice : une autre pierre catapultée vient de s'écraser contre les épaisses murailles. Vous êtes furieux contre vous-même, mais vous espérez encore qu'on va juste vous demander de faire une garde, d'accompagner la corvée d'eau, ou de surveiller la promenade des prisonniers.

On vous conduit tout droit aux appartements royaux, si bien chauffés, où il fait si bon vivre. Le Roi Élidor est près d'une immense table ronde, entouré des douze sorciers. Une foule de serviteurs et de gardes se tient à distance. Le roi est en train d'étudier une grande carte. De temps à autre, une pluie de fine poussière s'abat sur la table, que Snuffserk, chancelier du roi, époussette aussitôt avec un chiffon rouge. « Sire, j'ai un volontaire ! » annonce fièrement le capitaine. Le roi vous examine de la tête aux pieds. «Approche donc, brave soldat ! » Vous sentant observé par tous les autres, vous êtes fort intimidé. A l'air solennel du roi, vous sentez que vous vous êtes embarqué dans une mission dangereuse.

« Avez-vous expliqué la situation au volontaire ? » demande l'un des sorciers au Capitaine Laski. « Les soldats ont été informés du caractère dangereux de cette mission », réplique l'officier. C'est un beau mensonge, mais vous vous mordez les lèvres pour ne pas intervenir. Il n'est pas bon de contredire un supérieur, et encore moins de changer d'avis. « Bien. Je crois qu'il est temps de lui en révéler l'objet », répond le sorcier. Il vous fait signe de vous asseoir, et commence les explications. «Je me nomme Astragal. Je fais partie de l'Ordre des Sorciers, et ces messieurs - il désigne les autres mages -sont mes confrères des territoires voisins. Comme vous le savez, la citadelle de Zamarra est assiégée par l'armée d'Ostragoth l'Implacable. Mais vous ignorez pourquoi il s'attaque à un si petit royaume, n'est-ce pas ? C'est très simple : Ostragoth veut notre mort. » Il désigne de nouveau les autres sorciers, qui n'ont pas l'air très à l'aise. « Il voudrait conquérir toute la partie méridionale de Khul, et il sait que les sorciers de l'Ordre refusent de servir le Mal. Sous l'influence de Jaxartes, le magicien félon, Ostragoth a décidé de profiter de notre réunion en ce lieu pour nous supprimer une fois pour toutes. Il attendait le moment propice depuis sept ans. S'il parvient à ses fins, le pays sera la proie des maléfices de Jaxartes, qui fut le plus brillant d'entre nous, mais que nous avons dû bannir de l'Ordre pour exercice de la magie noire. Vous avez vu la taille de la flotte et de l'armée qui sont engagées dans l'offensive ! S'il réussit ici, Gorak, Kazan, Transoxalia, et toutes les cités du sud-ouest de Khul tomberont à leur tour. Vous devez vous demander pourquoi nous n'avons pas prévenu le danger. En guise de réponse, je vous prie de regarder au-dehors l'une des six sentinelles de Pierre de Zamarra. Ce ne sont pas de simples statues de dragons monumentales, mais nos principales défenses. Leurs gueules crachent le feu d'un lointain volcan, les Crocs de l'Enfer. Elles sont capables de détruire toute créature maléfique avec une rapidité et une cruauté inimaginables. »

Vous contemplez la grande créature de pierre, interdit. «Mais pourquoi...?» «Pourquoi n'attaquent-elles pas dès maintenant, n'est-ce pas ? Eh bien, parce que leur puissance de feu a été neutralisée. Un traître a jeté un sort contre eux. Ce qui m'amène à votre mission. » Votre cœur défaille tandis qu'Astragal désigne un objet sur la table. Il vous le tend. C'est une espèce de petite torche taillée dans une sorte d'ivoire, et ornée de reliefs compliqués. « Les douze sorciers ici présents ont uni leurs savoirs pour concevoir cet objet qui n'a d'insignifiant que l'apparence. Il va permettre de ranimer le feu des sentinelles de pierre. Si quelqu'un parvient à allumer cette torche au cœur des Crocs de l'Enfer, le souffle des dragons s'embrasera de nouveau, et ils pourront accomplir leur horrible mission. Jaxartes, qui doit connaître l'existence de cette torche -puisqu'il y a un traître parmi nous -, va vouloir s'en emparer. Il a trop investi dans cette campagne pour tolérer une pareille menace. Nos guetteurs auraient récemment aperçu des personnages en cape noire, à l'extérieur de la citadelle. S'il s'agit, comme nous le craignons, de sorciers-combattants, soyez prudent : ils sont infiniment puissants et dangereux. J'ai la conviction que Jaxartes va essayer d'éteindre le brasier, au cœur des Crocs de l'Enfer. Le temps presse. Nous n'avons pas le temps de nous infiltrer à travers les lignes adverses, mais nous avons une raison d'espérer. Le volcan est le siège d'une étrange secte mystique. Nous ne connaissons pas le nom de sa religion, mais nous savons que les fidèles s'en nomment les Wazarris. Jadis, ils ont allumé les sentinelles en apportant ici le feu du brasier. Ils pourront vous aider, mais faites attention : vous seul pourrez approcher la torche de la fournaise ! Votre mission est la suivante : vous devez forcer les lignes ennemies, gagner les hautes montagnes du nord, et trouver les Crocs de l'Enfer. » Il vous indique sur la carte un dessin représentant cinq crocs disposés en couronne. « Vous devez descendre dans les entrailles du volcan, jusqu'au cœur. Là, vous plongerez le bout de la torche dans la fournaise incandescente du brasier, et les sentinelles de la citadelle se réveilleront. Mais soyez prudent ! Jaxartes, qui connaît le secret des Crocs de l'Enfer, va y dépêcher ses légions de créatures démoniaques. »

Astragal s'éloigne de la table et boit une gorgée dans un calice que lui tend un serviteur. Le Roi Élidor s'adresse alors à vous : « Je suis certain qu'un homme déterminé traversera les lignes ennemies plus facilement qu'un escadron de chevaliers. J'ai pris la décision de ne faire appel à aucun Chevalier de l'Ordre. Leurs visages sont trop connus à Zamarra. Et maintenant, si vous voulez refuser cette mission, c'est le moment ou jamais ! » Vous savez que cette offre est votre dernière chance de vous soustraire à cette mission suicide, mais, curieusement, vous vous sentez incapable d'articuler un mot...

Astragal revient. « La chaleur de la lave sera si intense qu'il vous faudra une protection. » Il vous tend quatre petits cubes noirs. « Chacun a le pouvoir de vous protéger de la chaleur, mais il se désintègre après usage. Malheureusement, nous n'en avons pas d'autres. Si vous en trouvez en cours de route, ramassez-les, car vous en aurez grand besoin. » Vous remarquez une armure en cuir posée sur une chaise. Le Capitaine Laski vous fait signe de la revêtir. Comme vous ôtez votre livrée militaire, un autre sorcier s'avance vers vous. L'air méfiant, il vous tend un bracelet. « J'ai demandé à l'Ordre des Mages qu'on fabrique pour vous ce bracelet. Vous ne pourrez le retirer, et il se mettra à briller chaque fois que l'armée d'Ostragoth aura réussi à forcer l'une des quatorze murailles de la citadelle. Si la dernière muraille tombe et que nous sommes tués, vous périrez aussi. Mais si vous réussissez, le bracelet se détachera et vous pourrez le garder. Sa grande valeur fera votre fortune. « Merci, Morgrek », dit Astragal d'un air un peu pincé. « Mais... Je crois entendre des coups de bélier contre la grand-porte ! Les suppôts d'Ostragoth ont probablement réussi à franchir les douves. Nous n'avons plus une minute à perdre ! »

Et maintenant, commencez l’aventure !

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