Lecture des livres dont vous êtes le héros
11 Août 2016
Votre voyage vous a conduit jusqu'à l'Ile de la Flèche Noire, à l'est de Khul. Arrivé à bon port, le prestigieux Régiment du Tigre Blanc a été ravi d'accueillir en son sein un mercenaire de votre réputation, et si ses officiers recruteurs ont un peu toussé lorsque vous leur avez indiqué le montant de la solde que vous exigiez en regard de vos exceptionnels états de service, ils l'ont finalement accepté sans marchander, à votre grande satisfaction. Mais c'est aujourd'hui que votre engagement touche à sa fin... et que vos ennuis commencent. Alors que vous achevez de boucler votre paquetage avant de quitter Port Fanal, un messager hors d'haleine vient vous avertir que vous êtes convoqué par les Triumvirs - le Conseil des Trois qui gouverne l'Alliance Varadienne. Vous le suivez sans hésiter et arrivez bientôt à la porte de la salle du Conseil, devant laquelle le vieux Général Hubald fait les cent pas en vous attendant.
La mine sombre et la moustache frémissante, le vieux briscard entreprend de vous exposer la situation pendant que vous attendez que les Triumvirs vous reçoivent. « Bon, tu n'es pas d'ici, mon petit gars, mais j'imagine que ton petit séjour parmi nous t'aura permis d'en apprendre un peu sur le pays, déclare-t-il de sa voix bourrue. Tu dois savoir que les États-Cités qui forment l'Alliance Varadienne sont les postes avancés de la civilisation face à ces foutus Pirates de l'Ile du Sang. Nos flottes tiennent en échec ces chiens de Pirates du chaos, comme elles l'ont toujours fait depuis des siècles. Seulement voilà, tout ça pourrait être remis en cause. » Avant que le Général Hubald ait pu vous en dire plus, vous êtes introduit dans la salle du Conseil. Les Triumvirs sont absorbés dans l'étude d'une chatoyante image en relief qui flotte au centre de la pièce, représentant un archipel d'îles en forme de V majuscule émergeant d'une mer d'un bleu azuré. Il ne vous faut pas longtemps pour comprendre qu'il s'agit là d'une carte stratégique de l'archipel de la Flèche Noire, suscitée par quelque charme. Après un bref échange de politesses, l'un des Triumvirs vous désigne un point rouge sur le rivage de l'île la plus orientale. « Voici où se trouve la Citadelle de Brûlesang», dit-il avant de vous tendre un petit rouleau de parchemin, en ajoutant : « Et voici le dernier rapport du Gouverneur Braxis. Comme vous allez le constater, il éclaire d'une lueur quelque peu sinistre les récents événements qui s'y sont déroulés. » Sans un mot, vous prenez le rapport en question et vous le déchiffrez.
La Citadelle de Brûlesang tombera bientôt. Les unités que j'ai envoyées examiner les étranges lueurs dans le ciel au-dessus du village de Me ne la sont maintenant revenues. Les soldats se sont avancés jusqu'en vue des murailles, mais ils ont refusé de répondre à nos signaux. J'ai envoyé un messager vers eux, mais il est vite revenu, tremblant de terreur. Il a pu s'approcher assez près des hommes pour voir que leurs visages étaient gris comme des masques d'épouvante et que leurs yeux avaient le regard fixe des Zombies ! Au heu de leurs anciens étendards de bataille, ils arborent désormais des bannières noires en lambeaux - funestes symboles de la peste. A l'instant où j’écris ces mots, leur campement commence à s'agiter. Les soldats se rassemblent et les gens des villages affluent autour du camp, comme hypnotisés. Je peux apercevoir un homme vêtu d'une armure d'argent ternie qui semble les commander. Il leur donne maintenant l'ordre d'avancer, ils sont trop nombreux, la petite garnison qui me reste dans ta Citadelle ne pourra les retenir que quelques heures. Je vais envoyer ce rapport par pigeon voyageur, en espérant qu'il ne sera pas abattu par les archers ennemis. Désormais, il ne me reste plus qu'à me saisir de mon épée et à monter sur les remparts pour le dernier combat. Je regrette de toute mon âme d'avoir failli dans ma tâche. Mes Seigneurs.
Votre dévoué vassal, Braxis,
Gouverneur de la Citadelle de Brûlesang.
« Un homme courageux..., déclarez-vous sans autre commentaire aux Triumvirs. Mais savez-vous autre chose sur ce mystérieux guerrier en armure d'argent, et sur la façon dont il a pu prendre le contrôle des soldats de Braxis?» «Tout cela est, hélas, d'une sinistre évidence ! Répond l'un des Triumvirs. Bannières noires de la peste et armure d'argent terni sont les signes distinctifs du Seigneur Mortis de Balthor: l'homme qui fut jadis le tyran de Sable Rouge et tenta de conquérir les provinces orientales de notre nation. Les forces unies de toutes les armées varadiennes ne furent alors pas de trop pour venir à bout de sa menace, car il était aussi puissant nécromancien qu'habile seigneur de la guerre, et on disait de lui qu'il utilisait les cadavres de ses ennemis vaincus pour former les rangs de son armée... » Interloqué, vous vous tournez vers le Général Hubald en ouvrant des yeux ronds. «Comment se fait-il que je n'aie jamais entendu parler de ce Mortis ? Lui demandez-vous. Et puis, que je sache, l'archipel n'a connu aucune guerre depuis des siècles ! » « C'est exact, réplique- t-il. Tout cela s'est déroulé il y a deux cents ans. Mortis fut tué au combat et enseveli sous une stèle de granit noir près du village de Brisetombe. Mais on dirait bien qu'il est parvenu à sortir de son tombeau pour prendre sa revanche... » Comme un seul homme, les Triumvirs approuvent ses paroles d'un grave hochement de tête. « En ce moment même, il est en train de changer en Morts Vivants les habitants de l'Ile du Sable Rouge, poursuit l'un d'entre eux. Ce monstre est l'incarnation du Mal, un mal qui va dévorer notre empire du Bien comme une tumeur cancéreuse si on ne l'éradique pas. Mais pour ce faire, il nous faut une lame tranchante, et cette lame, c'est vous ! » L'entretien achevé, le Général Hubald vous conduit sans délai au port, où un navire prêt à lever l'ancre vous attend déjà. En dépit de son âge avancé, le Général est un vieillard ingambe, et vous éprouvez, non sans quelque étonnement, quelque difficulté à suivre son pas véloce. En chemin, il vous explique que si les Triumvirs ont choisi de confier cette périlleuse mission à un homme seul, c'est parce que l'essentiel des forces militaires de l'Alliance Varadienne est engagé dans une lutte à mort contre les hordes des Pirates de l'Ile du Sang. « Ce qui veut dire que tu ne devras compter que sur toi-même, mon gars, vous prévient-il avec une franchise qui vous va droit au cœur. Mais il y a une autre raison, poursuit-il. Qu'on parvienne à éliminer Mortis, et toute sa maudite armée de Zombies sera neutralisée au même instant. El ce genre de mission, les Triumvirs ont pensé qu'un guerrier solitaire, capable et décidé, aurait plus de chances de la mener à bien que tout un corps d'armée. Tu saisis ? » Vous saisissez. Arrivés au bateau, Hubald vous présente au capitaine qui vous attendait en haut de la passerelle, puis il vous accompagne jusqu'à votre cabine pour vous donner ses dernières instructions. Refermant la porte du modeste réduit qui vous abritera durant la traversée, il vous donne une cane de l'Ile du Sable Rouge ainsi qu'un anneau de Communication. « L'anneau te permettra de nous joindre par télépathie si tu as besoin d'informations ou de conseils. Mais attention. Pile du Sable Rouge n'est pas la porte à côté et, à cette distance, tu ne pourras t'en servir que pour un nombre limité d'appels, alors ne l'utilise pas à tort et à travers ! » (Notez sur votre Feuille d'Aventure que votre anneau de Communication possède une capacité de trois appels.) A cet instant, un long coup de sifflet résonne sur le pont, annonçant que le navire est paré à appareiller. Après vous avoir écrasé les phalanges de sa poigne de fer. Hubald s'apprête à sortir de la cabine et, en franchissant la porte, se retourne pour vous adresser une ultime recommandation. «N'oublie pas, mon gars, grogne-t-il d'une voix sourde, si jamais tu n'arrives pas à éliminer ce damné Mortis avant que son armée de Morts Vivants parvienne à faire sa jonction avec les Pirates, nous pourrons faire nos prières ! Tu tiens nos vies à tous entre tes mains, ne l'oublie jamais ! » « Soyez sans crainte, mon Général », répliquez-vous sur un ton martial en passant l'anneau de Communication à votre doigt. « Je renverrai le Seigneur Mortis au fond du tombeau qu'il n'aurait jamais dû quitter. » Sur ces mots, vous observez mutuellement un ultime garde-à-vous, et ce n'est que lorsqu'il a tourné les talons et disparu dans la coursive que vous ajoutez pour vous-même : «... Ou c'est moi qui finirai six pieds sous terre... » Car vous savez que seul un plein succès peut vous garantir la fortune que les Triumvirs vous ont promise. Et maintenant, commencez l’aventure.