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Le Site dont vous êtes le Héros

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La légende des Guerriers Fantômes

La légende des Guerriers Fantômes

Les Anciens se souviennent de Gallantaria comme de la terre la plus civilisée de Titan. Tout a commencé le jour où Orjan le Bâtisseur a pointé le doigt vers le sol, indiquant à sa tribu l'endroit où elle devait se fixer, et a baptisé le village Champs-Royaux. Les champs étaient fertiles, les forêts giboyeuses, et les rivières regorgeaient de poissons. En peu de temps, le peuple d'Orjan se répandit dans la contrée et bâtit de nouveaux villages. Champs-Royaux s'entoura de fortifications. Le fils d'Orjan, Regulus, profita de cette ère de prospérité : il fit construire les huit plus grandes cités de la nation de Gallantaria et établit son palais à Champs-Royaux. L'expansion de Gallantaria aurait pu ne pas connaître de limites si les fils d'Orjan le Bâtisseur avaient été les seuls à habiter l'Ancien Monde. Mais Gallantaria avait d'autres peuples à ses frontières, également avides de conquêtes et d'expansion...

Au sud, la nation de Fenfrais ; à l'est, la contrée de Brice. Les relations furent d'abord cordiales, mais le peuple de Brice prit ombrage des richesses de Gallantaria. Les soldats les plus déterminés organisèrent une invasion. Puis les colonies nordiques de

Gallantaria se soulevèrent pour obtenir leur indépendance et firent marcher leurs armées sur Champs-Royaux. Les autres nations voisines, Fenfrais, Londeland, virent aussitôt le parti qu'elles pouvaient tirer de ces événements et ne voulurent pas laisser échapper leur part de butin. Ainsi débuta la guerre des Quatre-Royaumes.

Extrait de La Vie sur Titan d'Ernest Kandermann.

Tag, le baron félon, complota dans le palais même de son roi et, le moment venu, plongea sa propre dague dans le dos de Constant Ier. Déchiré par la guerre, privé de son roi, Gallantaria sombra dans le désespoir. Le magicien de la cour, Tantalon, reprit les rênes du royaume et, « au nom du peuple », s'empara du trône. Mêlant malice, sorcellerie et fine stratégie, Tantalon parvint, seul, à faire taire les armes. Bien qu'il n'exerçât pas réellement sa souveraineté, le magicien conserva la couronne ; mais il la gardait pour un autre que lui.

Extrait de Essais et Observations : deux décades de décorum royal de Hugo Montpeilier.

Vieux et las, Tantalon fit d'une pierre deux coups. Il trouva le successeur de Constant Ier et répara en même temps treize injustices - treize tâches que le prétendant au trône devait accomplir pour obtenir la couronne. Une nouvelle dynastie s'installa à Gallantaria, le lignage d'Orjan s'étant éteint avec la mort tragique de Constant Ier. La loi et l'ordre furent restaurés ; le trône revint au héros le plus valeureux. Assez curieusement Tantalon mourut le jour même du couronnement. La mort du magicien, le sacre du roi, donnèrent à penser que Gallantaria entrait dans une nouvelle ère. Cependant, Gallantaria n'était plus le centre de l'Ancien Monde. Sa splendeur d'hier s'était flétrie comme une fleur coupée. Fenfrais, le royaume de Chalanna qui possédait la Couronne magique des rois, avait pris le relais. Dans sa grande générosité, le roi Chalanna consentit à transmettre sa Couronne aux souverains voisins, à condition qu'ils rejoignent sa puissante Alliance. La sagesse de Chalanna s'avéra la seule lumière capable de nous guider dans notre marche vers un nouvel âge de l'Humanité.

Extrait de Chalanna le Réformateur vol. III : Les Fruits du pouvoir de Maria Sanscret.

Le mercenaire

Vous êtes le combattant de toutes les guerres, un mercenaire qui vend son courage et sa force au plus offrant, bien que vous ayez la réputation d'avoir peu d'estime pour l'or. L'aventure, le combat, l'imprévu sont vos véritables motivations. Pourtant, ceux qui vous connaissent savent que vous êtes bien plus qu'un homme d'action : un homme de cœur. Les injustices vous dégoûtent ; les réparer est votre seule source de fierté. On ne compte plus vos victoires ; pendant la guerre des Quatre-Royaumes, vous avez combattu pour Gallantaria, votre patrie. Personne n'ignorait alors le courage dont vous aviez fait preuve, ni les honneurs dont vous aviez été couvert. Mais aucune louange, aucun privilège n'a pu éteindre votre ardeur. Une fois la paix assurée, vous avez tout abandonné et vous avez repris la route, en quête de nouvelles aventures. Cinq années ont passé ; vous voilà de retour à Royal-Lendle. Mais ceux-là mêmes qui clamaient haut et fort vos mérites ne vous reconnaissent plus quand ils vous croisent. Vous êtes revenu depuis quatre jours à peine, et déjà la capitale vous ennuie. Les affaires ont repris, les marchands ont rouvert leurs boutiques et personne ne songe plus à combattre. Pourtant, il existe un endroit où vous trouverez peut-être votre bonheur : le Marchepied. C'est la taverne des mauvais coups, des tueurs à gages et des mercenaires. Un endroit où l'on apprécie encore les talents comme les vôtres.

Vous venez de vider votre deuxième chope de bière, quand vous sentez un tapotement nerveux sur votre épaule. Vous prenez votre temps pour vous retourner : vous vous trouvez face à face avec un visage miné par l'inquiétude et agité de tics. A en croire son allure, ses vêtements, c'est un paysan des frontières, de la région des Carrales peut-être. Vous n'avez pas eu le temps d'ouvrir la bouche qu'il vous inonde d'un flot de paroles saccadées : « Capitaine, s'il vous plaît, votre aide... il faudrait que vous veniez, par chez nous, c'est à Malemort... On a besoin de vous. Nos maisons sont ravagées les unes après les autres, et nous autres abattus comme les blés murs ! Trois d'entre nous - moi, Mendokan, et mes deux compagnons - sommes venus à la ville chercher de l'aide, mais les autorités se moquent de notre histoire, personne ne veut croire que nous sommes attaqués par les Guerriers Fantômes. » Quelles sornettes ! Les Guerriers Fantômes ne sont que des épouvantails à moineaux brandis par les mères qui veulent faire manger la soupe à leur marmaille. Tous les enfants de Gallantaria connaissent les comptines qui parlent des Guerriers Fantômes. Mendokan ne vous laisse encore pas le temps de répondre : « Personne ne nous aidera. Même les mercenaires que nous avons rencontrés nous ont ri au nez. Alors, quand on a appris que vous étiez ici... Vous êtes notre dernier espoir. Vous voulez bien nous aider ? »

On ne peut pas dire que ce paysan s'y soit bien pris pour vous séduire, mais il est visiblement terrifié et sa fébrilité augmente de minute en minute. Il triture une sorte de vieux chapeau de ses doigts nerveux et roule des yeux affolés. De toute évidence son appel au secours est sincère. Son histoire de Guerriers Fantômes ne vous a pas convaincu, vous non plus. Il y a fort à parier que la région de Male-mort est mise à sac par une bande de brigands costumés qui abusent de la crédulité de ces pauvres gens. Cependant, vous avez entendu parler de Malemort : à peine un grain de poussière sur la carte de Gallantaria. Il n'y a pratiquement rien par là-bas. Qu'est-ce que des brigands pourraient bien aller y faire? Piller quelques greniers? Voler des poules? Incendier des maisons? Ou bien exercer une cruauté gratuite sur des gens incapables de se défendre ? Quels que soient les motifs de ces bandits, vous ne trouvez que de bonnes raisons pour aller faire un tour du côté de Malemort. Avouez que l'affaire vous intrigue...

Votre décision est prise : vous partez sur-le-champ défendre le village et donner à ces Guerriers Fantômes une leçon qu'ils ne sont pas près d'oublier.

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