Lecture des livres dont vous êtes le héros
16 Avril 2013
Pauvre Laura, soupire la Messagère du Temps. Elle était amoureuse de Peter Medduzz et lui obéissait aveuglément. Jusqu'au jour où, horrifiée par ses monstrueux projets, elle a
décidé d'y faire obstacle. Elle est venue se confier à moi en secret -j'étais la seule autre femme, ici - et je lui ai conseillé de te contacter, précise-t-elle à l'adresse de John Bob de Golf. Hélas, Hicboum le Dingue était également au rendez-vous !
- Hicboum le Dingue ? vous étonnez-vous.
- L'assassin de Laura. C'est ainsi qu'on le surnomme. Il ingurgite tellement d'alcool qu'il a presque toujours le hoquet. « Boum », c'est le bruit qu'il fait en boitant. Aussi, lorsqu'il s'approche on entend : « hic, boum, hic, boum... » Voilà l'origine de son surnom. Sa folie meurtrière lui a valu d'être également appelé « le Dingue ».
- Et le révérend Montrainer, quel rôle joue-t-il exactement ? interroge le journaliste.
- Il finance les recherches de Peter Medduzz grâce à l'argent qu'il collecte au nom de son église. L'entreprise G.G. Hunskoop lui sert de couverture pour organiser un trafic d'armes entre San Francisco et ici. Les armes sont acheminées par camion, puis par bateau, un paisible chalutier - du moins en apparence - qui appartient à Medduzz et vient mouiller dans un bras de mer, à quelques miles d'ici. Les armes sont ensuite apportées par
hélicoptère jusqu'à la base. Ce sont essentiellement des mitraillettes et des obus spécialement modifiés pour être chargés de Medduzzine.
- De Medduzzine ? Qu'est-ce que c'est que ça ? demandez-vous.
- C'est un métal que Peter Medduzz a découvert dans cette montagne. Nous nous trouvons ici dans une ancienne mine creusée par des chercheurs d'or qui n'y dénichèrent jamais la moindre pépite. En revanche, le métal en question y abonde. Comment Peter Medduzz a-t-il été amené à faire cette découverte ? Je l'ignore et peu importe. Quoi qu'il en soit, il a réussi à mettre au point un traitement chimique qui permet de tirer de ce métal
une substance ayant la propriété de multiplier à volonté les molécules de l'eau. Les mitraillettes transformées en ce qu'il appelle des « pistolets-medduzzeurs » sont chargées de Medduzine ainsi que d'une petite provision d'eau dont les molécules servent de munitions. Ces armes ne tirent pas de balles, mais elles projettent de véritables torrents d'eau. Quelques « rafales » suffiraient à noyer dix ou quinze personnes. Quant aux obus, tirés dans un lac ou une rivière, ils pourraient provoquer des inondations catastrophiques. C'est de cette manière que Medduzz a décidé de rayer San Francisco de la carte.
- Quoi ? vous écriez-vous.
- Le chalutier qui sert à acheminer les armes jusqu'ici a pour nom « Doomsday », le Jour du Jugement : Medduzz l'a baptisé ainsi car c'est de ce bateau que seront lancés les premiers obus de Medduzzine. Ils exploseront dans l'eau de la baie et un gigantesque raz-de-marée détruira alors la ville en la noyant sous une masse d'eau colossale ! Peter Medduzz a un amour maladif de la mer et des bateaux : il veut faire de la planète un immense océan où toutes les terres émergées auront disparu sous les eaux, à l'exception de ces montagnes qui resteraient son port d'attache et le siège de son pouvoir. Montrainer et lui ont la conviction que Dieu les a désignés pour réaliser son objectif ultime : l'Apocalypse promise par les écritures. Une Apocalypse qui prendrait la forme d'un nouveau déluge ! Seuls survivraient les marins, et les hommes passeraient désormais leur vie sur des bateaux.
- Quelle horreur ! murmure John Bob de Golf, sincèrement terrifié.
- Il faut agir sans perdre de temps, déclarez-vous. Savez-vous où se trouve Medduzz en ce moment ?
- Dans son laboratoire, répond Valiocka, c'est là qu'il passe le plus clair de son temps.
- Et qui garde le laboratoire ?
- Hicboum le Dingue et les quintuplés.
- Les quintuplés ?
- Cinq malheureux qui sont nés muets et idiots et que Medduzz a recueillis. Ils lui obéissent aveuglément bien qu'ils soient pour lui de véritables souffre-douleur sur lesquels il passe ses colères et ses caprices.
- Nous devons tenter le tout pour le tout, déclarez-vous d'un ton grave. Allons chercher Medduzz dans son repaire, il faut coûte que coûte l'empêcher de réaliser ses projets.
- Vous avez raison, approuve Valiocka. Venez, je sais où se trouve le laboratoire.
- Ne vaudrait-il pas mieux prendre la fuite et... commence de Golf.
- Non, l'interrompez-vous, il n'y a pas de temps à perdre, suivez-nous
!
Votre ton péremptoire coupe court à toute discussion et vous quittez la cellule derrière Valiocka qui mène la marche.
- Pauvre bête, murmure la Messagère du Temps en jetant un regard au cadavre du Sasquatch. Mais peut-être faudrait-il dire pauvre homme ? La frontière est parfois si imprécise entre l'homme et l'animal.
L'heure n'est pas à la philosophie, cependant, et vous ne vous attardez pas à disserter sur la nature profonde du monstre. Valiocka la Juste vous guide sans hésitation à travers un enchevêtrement de couloirs où, sans elle, vous vous seriez perdus à coup sûr, et quelques minutes plus tard, ayant soigneusement évité de vous faire repérer, vous parvenez au pied d'un large escalier qui mène à une double porte dont les battants sont
ouverts. Les lieux sont déserts et vous pouvez donc monter l'escalier puis franchir la porte sans dommage. Vous pénétrez alors dans une vaste galerie aux murs blancs et au sol recouvert de dalles également blanches.
- Voici l'entrée du laboratoire, chuchote Valiocka en montrant une porte métallique aménagée dans l'un des murs de la galerie. Je connais le code qui permet de l'ouvrir, venez...
Elle s'approche de la porte et compose un code sur un clavier encastré dans la muraille. Vous entendez aussitôt un léger déclic et la porte s'entrouvre. Vous pouvez maintenant vous glisser un par un dans un couloir qui décrit une courbe en forme de « S ». C'est vous-même, à présent, qui avez pris la tête du trio et vous apercevez donc avant les autres le vaste laboratoire que vous connaissez déjà pour l'avoir vu sur la photo qu'en avait prise Laura Pushbey. Les machines qui vous avaient paru si mystérieuses sur le cliché sont là, devant vos yeux, immobiles et glacées. La forme particulière du couloir vous permet d'observer les lieux sans qu'on remarque votre présence. C'est ainsi que vous distinguez, au fond de la salle, un homme assis dans un fauteuil pivotant. Il a les cheveux courts, plats, grisonnants, de petits yeux rusés et des lèvres si minces qu'elles forment comme une balafre horizontale entre son nez busqué et son menton en galoche. Il est vêtu d'un pull-over bleu marine et d'un pantalon beige et porte aux pieds des chaussures aux épaisses semelles caoutchoutées. Cet homme, vous le connaissez également, vous
avez déjà vu son visage sur une autre des photos de miss Pushbey : il s'agit de Peter Medduzz en personne !
- Hicboum ! s'écrie-t-il. Approche !
- Oui, Maître, répond une voix.
Vous percevez alors un bruit caractéristique : celui que produit une démarche claudiquante. « Boum, boum, boum. » Vous entendez également un hoquet : « hic, hic, hic, boum, hic, boum... » Un instant plus tard, l'assassin de Laura Pushbey apparaît dans votre champ de vision.
- Hicboum, tu as encore bu ! reprend Peter Medduzz.
- Oui, Maître, répond le boiteux.
- C'est bien, chacun a les plaisirs qu'il mérite ! Le mien sera de voir disparaître San Francisco dans quelques heures ! Quelle est la position du Doomsday en cet instant ? Le sais-tu ?
- Non, Maître.
- Le Doomsday se trouve exactement à trente milles au large de Cape Flattery, à la pointe nord-ouest des États-Unis. Encore un peu de patience et il atteindra San Francisco. Alors, que se passera-t-il, Hicboum ?
A cet instant, Peter Medduzz claque des doigts.
Aussitôt, apparaissent cinq hommes aux visages rigoureusement identiques, le regard fixe et vide, marchant en file indienne comme des robots. Les quintuplés ! Peter Medduzz saisit alors une mitraillette posée sur une table et en pointe le canon sur les cinq hommes immobiles devant lui, raides et silencieux.
- Il se passera ceci, Hicboum ! s'écrie Medduzz en pressant la détente de son arme.
Un véritable torrent d'eau jaillit soudain du canon de la mitraillette, balayant littéralement les quintuplés qui tombent les uns sur les autres, trempés de la tête aux pieds. Toujours
silencieux, ils n'ont pas réagi, se laissant inonder sans la moindre protestation.
-Ha ! Ha ! Ha ! Noyée ! Noyée ! Ha ! Ha ! Ha ! AAAA... AAAAtchoum ! San Francisco sera noyée ! se met à hurler Peter Medduzz, soudain saisi d'une crise d'éternuements. Inondée, submergée, engloutie par les eaux ! Car ton Maître en a décidé ainsi, Hicboum ! Ton Maître, votre Maître à tous ! Ha ! Ha ! Ha ! AAAA... AAAAtchoum ! Le Maître, entendez-vous ?
- Oui, Maître... Hic ! répond le boiteux.
Le spectacle de ce fou mégalomane vociférant et éternuant alternativement tandis que son homme de main hoquette lamentablement est à la fois risible et affligeant. Si vous
n'intervenez pas bientôt, cependant, c'est l'affliction qui l'emportera.
- Allez vous sécher, les quintuplés ! lance Peter Medduzz à l'adresse des cinq hommes qui obéissent aussitôt, quittant la salle de leur pas mécanique d'esclaves obéissants.
Fort heureusement, ils sortent par une porte latérale, ce qui vous évite d'être découverts.
- Je ne veux pas qu'ils attrapent froid ! s'exclame
Medduzz en se tournant vers Hicboum. Je suis un bon maître !
Oui, Maître... Hic ! Vous échangez un regard avec John Bob de Golf sans avoir besoin de parler pour vous comprendre : c'est maintenant qu'il faut intervenir ! Valiocka, d'un hochement de tête, indique qu'elle est prête à se joindre à vous, mais vous lui faites signe de rester dans le couloir. Elle n'a pas d'arme, en effet, et son état de faiblesse ne lui permet pas d'affronter des adversaires aussi redoutables. D'un geste de la main, vous
donnez le signal de l'attaque et vous vous précipitez alors à l'intérieur du laboratoire. Vous avez sorti votre pistolet, tandis que John Bob de Golf brandit son couteau. Ce dernier affrontera Hicboum le Dingue qui vient lui-même de se saisir d'un poignard : par chance, il n'avait pas d'arme à feu sur lui. Ainsi, le journaliste le combattra en bénéficiant de son total de MAÎTRISE le plus élevé. Quant à vous, vous aurez pour adversaire Peter Medduzz lui-même. Celui-ci est armé de son pistolet-medduzzeur dont il serait hasardeux de sous-estimer l'efficacité. En effet, le jet d'eau qu'il produit est si puissant qu'à chaque
Assaut que votre adversaire remportera - si toutefois le cas se présente - vous perdrez 2 points de FORCE et 1 point de MAÎTRISE. Disposant d'un pistolet, vous infligerez, quant à vous, des blessures dont vous calculerez la gravité à la manière habituelle. En ce qui concerne l'affrontement entre Hicboum le Dingue et de Golf, vous appliquez les règles normales des combats à l'arme blanche.
MAÎTRISE FORCE
PETER MEDDUZZ 18 20
HICBOUM LE DINGUE 20 20
Si John Bob de Golf est tué par son adversaire, votre mission se terminera ici. Vous ne pourriez en effet la poursuivre sans l'aide précieuse du journaliste.