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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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loup*Ardent suffoque. Sa chute de près de cinq mètres s'est terminée sans mal sur quelque chose de mou, mais une odeur douceâtre de pourriture l'enveloppe comme un épais brouillard. Il se relève précipitemment, haletant, et la pestilence nauséabonde lui emplit les poumons. Il s'aperçoit qu'il a lâché son epée en tombant, probablement dans la salle du dessus- mais il y a quand même un peu de lumière dans la fosse. Une écœurante lueur verdâtre, produite par des microbes et des insectes rampants, suffit à lui devoiler un spectacle de cauchemar. la fosse est pleine de cadavres en putréfaction. D'affreux lambeaux de chair décomposée pendent d'ossements blanchis. Des loques moisies drapent les horribles vestiges de ce qui fut autrefois des hommes. et même des soldats, à en juger par leurs armes et leurs casques rouilles.

Un cimetière militaire? Les restes putrides d'une hecatombe ?

Les corps bougent ! Ils ondulent doucement, comme une mer tranquille. De petits mouvements languissants, inoffensifs, de crânes et de doigts décharnés, la lente rotation de globes oculaires à moitié pourris au fond d'orbites caverneuses. Des bras qui se tendent vers Loup*Ardent avec l'effrayante angoisse d'un dernier sursaut d'agonie. Pour la première fois de sa vie, Loup*Ardent a vraiment peur. Au bord de la panique, il recule et cherche désespérément une issue. Avec un immense soulagement, il découvre que des échelons ont été creusés à intervalles réguliers en plusieurs points des murs de la fosse. Loup*Ardent bondit et grimpe comme s'il avait tous les démons des Enfers à ses trousses. Mieux vaut affronter mille Panthérines que les macabres horreurs de ce charnier. Les morts vivants ne font pas un geste pour le suivre Ils se contentent de lui tendre les bras, de le regarder, de se tourner lentement vers lui, aussi silencieux qu'un cimetière à minuit.

En arrivant près du bord de la fosse, Loup*Ardent trouve dans une niche, à portée de sa main, une lampe et un briquet à silex. Malgré l'abomination qui gît au-dessous de lui et le danger qui le guette au- dessus, la perspective d'une bonne lumière honnête est si attrayante que. agrippé au mur. il saisit la lampe et bat le briquet. La flamme jaune de la bonne huile jaillit et dissipe les ténèbres. Aussitôt, le mouvement lent des cadavres se modifie. Ils commencent à se mettre péniblement debout, en coiffant d'un casque leur crâne pelé et en empoignant de leurs doigts squelettiques une épée rouillée. L'un après l'autre, les morts vivants titubent vers les échelons creusés dans la muraille. Loup*Ardent pousse un gémissement et il escalade précipitemment le dernier mètre de la fosse. Et, lorsqu'il atteint le niveau de la salle, il se trouve aussitôt en face des crocs menâçants non pas de la Panthérine qu'il vient de combattre, mais de toute une meute de Panthérines. d'une douzaine au moins de démons noirs qui l'encerclent, prêts à bondir.

Aussi déplaisante que soit la perspective d'interrompre ici ce passionnant récit, nous sommes obligés d' avouer que Loup*Ardent, dans cette situation dèsespérée, envisage de s ôter la vie à l'aide de son épée.

Si vous pensez qu'il donne suite à cette idée.

Si. au contraire, vous estimez qu'il subsiste encore en lui une infime étincelle de courage.

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