Lecture des livres dont vous êtes le héros
9 Mai 2013
- C'est d'accord, dites-vous. Je peux tout à fait travailler comme un esclave pendant un jour entier pour un salaire de misère, ajoutez-vous avec cette hypocrisie qui vous caractérise. Néanmoins, ce travail se révèle plus facile que vous ne l'imaginiez. Vos compagnons sont des plus agréables, ne demandant qu'à répondre à toutes les questions que vous pouvez poser sur la vie à Sparte. Trois d'entre eux sont des esclaves ; une femme et deux hommes.
- J'ai été capturé par des pirates qui m'ont vendu trois cents drachmes, vous dit l'homme qui vous a engagé.
- Vous voulez dire que vous n'êtes pas le propriétaire de cette boutique, lui demandez-vous, étonné.
- Pas du tout, répond-il en secouant la tête. J'en suis, en quelque sorte, le gérant. Et d'ailleurs, de nombreux esclaves instruits, comme je le suis, finissent par se lancer dans les affaires. Bientôt j'aurai économisé suffisamment d'argent pour racheter ma liberté. Alors je pourrai devenir l'associé de celui qui est actuellement mon patron.
Il faut bien avouer que ce n'est pas ainsi que vous imaginiez les esclaves !
- Mais il y a beaucoup d'esclaves, en Grèce ? lui demandez-vous.
- A Athènes, environ un tiers de la population, vous répond-il. Beaucoup plus à Sparte. Mais ici la plupart des ilotes, comme on nous appelle, travaillent dans des fermes, à l'intérieur des terres. Comme tu l'as certainement remarqué, les Spartiates sont un peu rudes, ils n'aiment pas trop que les étrangers mettent le nez dans leurs affaires.
- Mais quand un esclave - pardon, un ilote -n'est pas fermier, que peut-il faire ?
- Aider les femmes à s'occuper des enfants, prendre soin des personnes âgées. Bâtir des maisons, également. Ou, pour les plus intelligents d'entre nous, gérer des boutiques comme celle-ci. Tiens, un peu plus bas, dans la rue, il y a un armurier qui fait travailler une trentaine d'ilotes dans sa forge. Tu avoueras que c'est quand même plus agréable que de travailler dans les mines d'argent. Ils sont quarante mille à le faire, et je ne te dis pas dans quelles conditions !
Vous échangez ainsi bien des propos avec vos compagnons, et la journée passe vite. Enfin, ayant reçu votre salaire, vous vous apprêtez à quitter les lieux lorsque l'un des hommes libres vous propose :
- Et si tu venais passer la nuit chez moi ? Pour un barbare, tu es vraiment un homme de bonne compagnie.
Une proposition des plus aimables. Que vous pouvez accepter.