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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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Les succès que vous avez remportés au cours de vos trois premières missions ont considérablement accru votre prestige : au Royaume du Temps, on parle abondamment de vos exploits parmi les hommes, et les Pérenniens, vos compatriotes, ne tarissent pas d'éloge sur votre courage. Aussi, peu leur importe que ce soit le Prince ou la Princesse du Temps qui monte sur le trône à la suite de Chronalia : il ne fait aucun doute, à leurs yeux,
que l'un comme l'autre, vous saurez vous montrer dignes de sa succession. Certains iraient même jusqu'à souhaiter que vous partagiez tous deux la fonction suprême. Hélas, ce n'est pas possible, et votre mère le sait bien, même si de son côté, elle souffre d'avoir à choisir entre l'un ou l'autre de ses enfants : comme elle aimerait que vous puissiez régner ensemble ! Il n'en est pas question, cependant. Au Royaume du Temps, comme ailleurs, il n'y a qu'une seule place sur le trône. Pour savoir qui va l'occuper, il reste une mission à accomplir, la dernière, et Chronalia vous a fait venir tous deux dans la salle du trône pour
vous expliquer en quoi elle consistera. Vous êtes donc là tous les deux, le frère et la soeur, Prince et Princesse du Temps, prêts à entendre ce que votre mère va vous dire. Droite et solennelle, Chronalia tient dans ses mains le Sceptre d'Éternité qui reviendra à l'un de vous au terme de cette prochaine aventure. Debout au milieu de la grande pièce creusée dans la pierre, la Reine du Temps semble soucieuse, fixant d'un regard lointain
l'une des fenêtres qui donnent sur le Lac aux Sept Clartés. Tout au fond de ce lac, les roches du centre de la Terre bouillonnent de fureurs incessantes que même l'eau ne peut apaiser, et les sept couleurs de l'univers jaillissent ainsi des profondeurs, colorant la
surface de flamboiements irisés.


- Mes enfants, dit Chronalia en tournant lentement les yeux vers vous, trois missions vous ont été confiées dans le monde des hommes. Ces trois missions, vous les avez menées à bien et le mérite de ce succès vous revient à tous deux.


Bien entendu, cette vision des choses n'est pas la vôtre, car vous êtes l'un et l'autre convaincus d'avoir été l'unique artisan de cette triple réussite, mais aucun d'entre vous n'oserait contredire Chronalia et vous restez donc silencieux.


- Il est encore des secrets que vous ignorez, poursuit votre mère, mais votre expérience parmi les hommes et la sagesse dont vous avez fait preuve au cours de vos aventures m'ont persuadée que vous étiez prêts à en apprendre davantage sur votre propre
Royaume. Venez avec moi.


Intrigués, vous suivez Chronalia qui se dirige vers le mur du fond. C'est une paroi de pierre lisse et nue qui ne comporte aucune aspérité ni aucune ouverture. Et pourtant, votre mère semble vouloir la franchir comme s'il s'agissait d'une simple porte. C'est alors qu'à votre grande stupéfaction, le mur s'enfonce soudain dans le sol, laissant apparaître un escalier étroit dont les marches disparaissent dans d'obscures profondeurs.


- Suivez-moi, murmure votre mère en descendant l'escalier à pas lents.


Vous échangez un bref regard, puis, sans un mot, vous obéissez à Chronalia dont la silhouette se fond peu à peu dans les ténèbres. Mais curieusement, lorsque vous commencez tous deux à descendre les marches, vous vous apercevez que le passage est
beaucoup moins obscur qu'il n'y paraissait. En fait, vous y voyez distinctement et vous n'avez aucun mal à parvenir au bas de l'escalier tandis que, derrière vous, le mur de pierre s'élève du sol pour se remettre en place. La lumière qui vous enveloppe provient d'une grande salle de forme sphérique dans laquelle votre mère pénètre en franchissant une porte voûtée. Jamais vous n'aviez vu cet endroit, vous n'en soupçonniez même pas
l'existence et vous ne pouvez dissimuler votre étonne-ment en entrant dans la salle. D'étranges appareils qui vous semblent singulièrement complexes sont disposés tout autour de vous : il y a là une profusion d'écrans, d'oscilloscopes, de signaux lumineux
et de voyants de toutes sortes. Affairés devant des pupitres munis de manettes et de curseurs, vous reconnaissez les trois Messagers du Temps que vous avez délivrés : Gayok le Preux, Hensock le Follet et Oclock le Bon. A l'apparition de Chronalia, ils
interrompent leurs besognes et viennent saluer la Reine du Temps. Cette dernière se tourne alors vers vous : visiblement, votre surprise l'amuse.


- Bienvenue au Centre de Téléperception Émotionnelle, dit-elle, vous êtes ici dans le sanctuaire du Royaume. Seuls les Messagers du Temps et moi-même y avons accès.


Le Centre de Téléperception Émotionnelle ! Voilà qui vous plonge dans la plus profonde perplexité ! Que peut-on bien faire dans cette pièce pour qu'elle soit entourée de tant de mystère ?


- C'est ici que nous sommes reliés avec la surface de la Terre, reprend Chronalia, avant que vous n'ayez eu besoin de poser la moindre question. Ici, nous captons les émotions et les sentiments des hommes, mais aussi de nos Messagers.


- Les sentiments ? vous étonnez-vous.


- Oui, cela peut vous paraître étrange, mais sachez que chaque fois qu'un être éprouve une émotion profonde, il émet une onde que l'on peut capter si l'on dispose d'instruments suffisamment sensibles. Les appareils que vous voyez dans cette salle sont précisément destinés à cet usage. Grâce à eux, nous pouvons savoir à tout instant ce qu'éprouvent les Messagers en mission à la surface de la Terre : peur, joie, douleur, tristesse, etc. Ainsi,
chaque fois que l'un de nos Messagers se trouve dans une situation critique, nous l'apprenons aussitôt en détectant le sentiment dominant qu'il éprouve alors : la crainte de la mort...


- Et les hommes ? demandez-vous. On peut aussi percevoir ce qu'ils ressentent ?


- Oui, mais pas individuellement, explique Chronalia. Ce sont les sentiments des foules ou même des peuples dans leur ensemble que nous captons. Nous saisissons ainsi les grands mouvements de l'histoire en restant à l'écoute des émotions collectives. Ces
émotions s'expriment selon des cycles temporels dont nous parvenons à déterminer les phases les plus intenses. Par exemple, vous avez accompli deux missions en France, l'une en 1425, l'autre en 1789, deux époques agitées dans l'histoire de ce pays. La France est régulièrement soumise à de grandes fièvres, séparées par de longues périodes d'apathie et de résignation. Notre faculté de connaître le Temps dans sa totalité nous permet de dater avec précision ces grandes fièvres en analysant les cycles d'émotions collectives qui se manifestent à chacune de ces occasions. Mais laissons l'histoire de France et revenons plutôt aux Messagers du Temps, nos frères. Regardez ceci. Votre mère vous montre d'un geste un appareil muni d'un écran sur lequel s'inscrivent des diagrammes de différentes couleurs. Des lignes bleues, rouges et vertes s'entrecroisent en un mouvement
incessant, traçant de mystérieux graphiques, indéchiffrables à vos yeux, mais qui vous communiquent un certain malaise, comme si ces traits brisés, saccadés, cet enchevêtrement de couleurs confuses, exprimaient une étrange détresse.


- Voici ce que ressent, à la surface de la Terre, le Messager que vous allez devoir délivrer, reprend Chronalia. Ou plutôt, la Messagère... Car c'est Valiocka la Juste qui est à son tour
prisonnière des hommes.


Valiocka la Juste ! Celle qu'on surnomme aussi Valiocka la Belle ! Valiocka l'aventurière, partie maintes fois dans le monde des hommes pour tenter d'y faire triompher la justice et l'équité !


- Ah, Valiocka... soupire Hensock le Follet en levant les yeux, si belle, si pure, si ardente ! Chaussette à poule, je partirais bien la délivrer moi-même !


- Il n'en est pas question ! coupe sèchement Chronalia. Cette mission revient au Prince et à la Princesse du Temps !


Hensock le Follet reste silencieux, la tête basse, comme un enfant pris en faute tandis que Gayok le Preux et Oclock le Bon échangent un sourire discret.


- Valiocka la Juste se trouve quelque part en Amérique, un continent que vous connaissez déjà, reprend votre mère. Maiscette fois, il s'agit de l'Amérique du vingtième siècle, un pays où règne en maître la plus malfaisante, la plus destructrice des passions : la cupidité. Une cupidité féroce, meurtrière, qui met en péril l'existence même de la planète. Le vingtième siècle n'est en vérité qu'une longue suite de tragédies. Celle qui menace le
monde en cette année 1989, où Valiocka est arrivée sur la Terre, vient d'une arme redoutable...


- La bombe atomique ! vous écriez-vous tous deux d'une même voix.


- Non, dit doucement Chronalia, non, mes enfants, la guerre nucléaire n'aura pas lieu. Il s'agit d'une arme bien différente, qui semble inoffensive par comparaison, mais qui pourrait avoir des effets tout aussi destructeurs : l'eau !


Déconcertés, vous contemplez votre mère d'un regard perplexe. L'eau, une arme ?


- Comme vous avez pu le constater au cours de vos missions, les hommes aiment à se faire la guerre, poursuit Chronalia, et ceux qui les gouvernent ont pour principale ambition de tout mettre en oeuvre pour s'approprier les armes les plus meurtrières. Des équipes entières de savants consacrent leur énergie et leur intelligence à découvrir de nouveaux moyens de tuer et de détruire. L'un de ces savants, un certain Peter Medduzz, physicien américain, a mis au point une substance qui permet de multiplier à volonté les molécules de l'eau. Avec une seule goutte, il peut ainsi produire jusqu'à une tonne d'eau ! Et cela de
manière quasi instantanée ! Cette invention sauverait de la famine les pays ron- j gés par la sécheresse, mais elle pourrait également entraîner de terribles catastrophes si elle était utilisée à des fins destructrices. Il suffirait de répandre cette substance dans des fleuves, des rivières, des lacs, pour provoquer de gigantesques inondations. Bien entendu, le gouvernement américain - comme d'ailleurs tout autre gouvernement de la planète -donnerait cher pour se procurer la formule d'une telle substance. Mais Peter Medduzz a d'autres ambitions que la simple vente d'un brevet aux autorités de son pays : il entend se
servir de son invention pour assouvir sa soif de puissance. Cet homme est fou, fou de convoitise, fou d'avidité, fou de domination et menace à lui seul la vie de centaines de milliers, voire de millions de ses semblables. Il menace des villes, des régions, des pays tout entiers. Qu'il jette d'un avion quelques kilos de cette diabolique substance dans le fleuve qui traverse une ville et cette ville disparaîtra en quelques minutes sous des masses d'eau. Il peut provoquer de véritables raz-de-marée sur toutes les côtes du monde ou engloutir un pays comme la Suède sous l'eau de ses lacs. Valiocka la Juste a voulu sauver les hommes de cette menace : hélas, la voici prisonnière de celui qu'elle a tenté d'abattre.


Chronalia se tourne à nouveau vers l'écran qui traduit en diagrammes colorés les émotions de Valiocka.


- La peur, reprend votre mère, Valiocka a peur. Elle est enfermée dans le froid et l'obscurité, la mort rôde autour d'elle, et l'espoir peu à peu la quitte. Ce n'est pas tant pour elle-même qu'elle a peur, mais pour l'humanité, et pour la Terre, une Terre qui pourrait bien disparaître sous les eaux : cela signifierait la fin de la planète, la fin même de notre Royaume...


- Chaussette à poule, il faut empêcher cette catastrophe ! s'exclame Hensock le Follet.


- En effet, approuve Chronalia, et c'est à vous, mes enfants qu'il revient de sauver la Terre menacée par la folie de Peter Medduzz. Où se trouve cet homme ? Nous l'ignorons. Nos appareils de mesure ne nous permettent pas de localiser exactement l'endroit où Valiocka est retenue prisonnière. Les forces magnétiques de la Terre dévient les ondes à partir desquelles nous essayons d'établir des coordonnées géographiques. Nous savons
simplement que Valiocka est toujours en Amérique du Nord. Où exactement ? A vous de le découvrir. Les hommes, quant à eux, ignorent tout du danger qui les menace : ni le gouvernement américain, ni personne au monde en dehors de Peter Medduzz et de ses complices n'a la moindre idée du drame qui se prépare. A la surface de la Terre, Valiocka est la seule à connaître la vérité. Peter Medduzz possède son propre laboratoire et travaille dans le plus grand secret. C'est par hasard que Valiocka la Juste a réussi à percer ce secret : elle n'a eu que le temps de nous en avertir avant d'être capturée et séquestrée par les hommes du savant. Vous aurez connaissance du message qu'elle est parvenue à nous transmettre, mais d'abord, écoutez attentivement les instructions que je vais vous donner. Le succès de votre mission en dépend.

Si vous avez déjà vécu une ou plusieurs aventures de la série Les Messagers du Temps.

Dans le cas contraire, ou si vous souhaitez vous rafraîchir la mémoire.

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