Lecture des livres dont vous êtes le héros
30 Mars 2013
— J'aime particulièrement ce tableau, répondez- vous avec votre accent russe. Ces couleurs sont si vivantes î Qui donc a peint cela ?
— Un jeune artiste nommé David, il fera son chemin, je crois. Je lui ai acheté cette toile pour l'encourager. Mais dites-moi plutôt, prince, quel est ce sujet si délicat dont vous vouliez m'entretenir ?
Eh bien... Voici : avant de perdre connaissance, monsieur de la Gaillottière m'a demandé de vous rapporter ce... ce médaillon. Vous sortez alors l'objet de votre poche et vous le montrez à la comtesse qui pousse un petit cri.
— Oh ! Pardonnez-moi, je... C'est tellement inattendu ! dit-elle d'une petite voix flûtée. Mais comment?... Oh ! Je... Pardonnez ma confusion, mais ce... ce petit portrait n'aurait pas dû se trouver en la possession du baron de la Gaillottière.
En prononçant ces mots, la comtesse éclate en sanglots, ce qui vous met dans l'embarras.
Je suis au désespoir, Madame, de vous causer tant de peine, croyez que je n'ai fait que... Vous n'aviez pas prévu que votre mensonge allait plonger Mme de Sainte-Mouflle en un tel désarroi. Peut-être avez-vous commis une bévue en lui montrant ce médaillon, mais vous n'aviez pas le choix, il vous fallait bien un prétexte pour lui rendre visite et tenter d'obtenir d'elle des renseignements utiles à votre enquête. Après tout, vos pistes ne sont pas si nombreuses...
Je sais, dit la comtesse, vous n'avez fait qu'obéir à monsieur de la Gaillottière. mais il s'attache tant de souvenirs à ce médaillon... Mme de Sainte-Mouflle tourne et retourne l'objet entre ses doigts tandis que des larmes continuent de couler sur son visage.
— Connaissiez-vous monsieur de Ponsac ? demande la comtesse.
— Je n'ai jamais eu l'honneur de le rencontrer, mais sa réputation est parvenue jusqu'à moi, répondez- vous.
Vous allez peut-être apprendre quelque chose d'intéressant et vous écoutez donc attentivement ce que Mme de Sainte-Mouffle va vous dire.
— C'était l'homme le plus charmant, le plus attentionné, le plus généreux que j'aie connu, déclare-t- elle. Il avait de l'esprit, de l'érudition, de la fortune. Hélas ! Il a été assassiné !
— Et... sait-on par qui ? demandez-vous prudemment.
— Par un rustre, un vaurien, un barbare ! s'emporte la comtesse. Un dénommé Hensock Lefollet. Que son nom soit maudit ! Que ce fripon reçoive le châtiment qu'il mérite ! Il le recevra d'ailleurs : je sais que le roi a décidé sa mort, mais la mort serait encore trop douce pour une telle canaille !
— heureusement que vous ne vous êtes pas fait annoncer sous le nom de « Lefollet » ! Vous n'auriez eu aucune chance de rencontrer la comtesse...
— Ce médaillon, je l'avais donné à monsieur de Ponsac. confesse celle-ci. en gage... de l'amitié que je lui portais. Aussi, concevez ma stupeur en apprenant qu'il se trouvait en la possession du baron de la Gaillottière et que ce dernier le conservait sur lui.
Peut-être monsieur de Ponsac le lui avait-il confié ? suggérez-vous.
Pour quel motif ? Et pourquoi monsieur de la Gaillottière, si grièvement blessé, aurait-il pensé Avant tout à me le faire remettre ? Non, je... Je n'arrive pas à comprendre ce qui s'est passé... Merci, en tout cas, prince, de m'avoir rendu ce bijou si cher à mon coeur.
— Eh bien. Madame, ma mission accomplie, il ne nie reste plus...
Oh, je vous en prie, appelez-moi Clotilde et permettez-moi de vous appeler Igor...
Heu... Soit, mais... répondez-vous d'un ton quel- . je peu embarrassé.
— J'ai toujours été si sensible au charme slave, reprend Mme de Sainte-Mouffle. Etes-vous pour longtemps à Paris ?
— Quelques jours...
Alors faites-moi la grâce de compter parmi mes invités demain soir ; je donnerai ici un bal
masqué, et je serais enchantée de votre présence ; venez demain, Igor, je vous en prie...
Je... je viendrai, promettez-vous en espérant que cette soirée vous permettra de faire avancer votre enquête.
Oh, merci, dit la comtesse avec un sourire charmeur. J'ai tant besoin de réconfort après de si douloureuses émotions...
Je dois à présent prendre congé, dites-vous en vous inclinant.
— Je vous laisse partir, mais n'oubliez pas de revenir demain...
La comtesse vous fait raccompagner par son domestique qui ne manifeste aucune amabilité particulière à votre égard. Parvenu dans la cour de l'hôtel, vous remontez sur votre cheval et vous quittez les lieux. Voilà une visite qui aura été fructueuse, si toutefois vous avez su en tirer le meilleur parti. Demain soir, lorsque vous irez au bal masqué, il s'agira d'ouvrir l'oeil : vous avez l'intuition, en effet, que Mme de Sainte-Mouffle et ses invités pourraient vous apprendre bien des choses sur l'affaire qui vous occupe. En attendant, il vous faut organiser au mieux votre temps. Que souhaitez-vous faire que vous n'ayez déjà fait ?
Aller à l'auberge du Pont- Marie pour y louer la chambre 4 ?
Retourner chez Robert de la Gaillottière en espérant qu'on vous renseignera sur son sort ?
Aller faire quelques achats que vous estimez indispensables ?