Lecture des livres dont vous êtes le héros
31 Mars 2013
Quelques minutes plus tard, le domestique vient vous informer que Mme la Comtesse vous attend. Vous le suivez à travers plusieurs pièces et vous arrivez enfin dans un vaste salon à l'ameublement luxueux, aux murs ornés de tapisseries et de tableaux représentant des portraits ou des scènes de genre. La comtesse de Sainte-Mouffle est assise sur un sofa. Elle est vêtue d'une robe somptueuse en satin bleu agrémenté de dentelles, et dont le décolleté encadre un collier de perles fines qui suffirait à payer la rançon d'un roi. Comme sur le médaillon en émail, la comtesse est coiffée d'une haute perruque aux mèches en rouleaux, surmontée d'un bonnet à plu mes. Un abbé en soutane est assis dans un fauteuil à côté d'elle. L'homme est jeune, il a les cheveux blonds et raides, un visage impassible et des yeux d'un bleu pâle qui vous fixent avec attention.
— Qu'il me soit permis, madame, de vous présenter mes respectueux hommages, dites-vous avec votre accent russe et en faisant une profonde révérence. La comtesse de Sainte-Mouffle éclate alors de rire.
— Quel délicieux accent vous avez là ! s'exclame-t- elle, où avez-vous appris le français, monsieur ?
J'avais un précepteur français, répondez-vous. Ma famille a toujours aimé et admiré votre pays.
— J'en suis bien aise, dit la comtesse. Je vous pré-sente l'abbé Goulot du Pauillac, mon confesseur, ajoute-t-elle en désignant l'ecclésiastique d'un geste de la main.
Vous échangez un salut avec l'abbé qui vous adresse un sourire cordial.
— Mais dites-moi. monsieur, reprend la comtesse, venez-vous tout droit d'un champ de bataille ou vous apprêtez-vous à vous rendre sur le pré pour arborer ainsi votre épée ?
Il semble que vous ayez commis une faute de goût en vous présentant avec une arme devant cette femme et il vous faudra à l'avenir faire un peu plus attention à de tels détails.
— Pardonnez-moi. madame, mais j'arrive aujour-d'hui même à Paris. Je suis encore en tenue de voyage.
— Et que me vaut donc l'honneur d'une visite si prompte ? Vous êtes, je crois, un ami de monsieur de la Gaillottière ? Comment va-t-il, le cher homme ?
— Mal, madame, très mal, peut-être même nous a- t-il quittés au moment où je vous parle.
— Quoi ? Qu'est-il arrivé ?
Un assassinat, madame, la dernière fois que j'ai vu le baron, il y a moins d'une heure, il était à l'article de la mort.
Oh, mon Dieu ! s'exclame la comtesse, visiblement bouleversée. De grâce, parlez : que s'est-il passé ?
Vous lui faites succinctement le récit de l'agression dont le baron a été victime, tout en omettant de préciser que vous ne connaissiez pas le malheureux.
Mon Dieu, je suis au désespoir ! se lamente la comtesse, un homme si bon. il était bon. n'est-ce pas. mon père ?
Très bon, madame, un homme très bon, en vérité, murmure l'abbé.
— Je... Je dois également vous dire... commencez- vous.
— Eh bien, dites... vous encourage la comtesse.
— C'est quelque peu délicat...
Il faut de toute façon que je m'en aille, intervient l'abbé. Je regrette infiniment ce qui est arrivé à monsieur de la Gaillottière, je ferai des prières pour qu'il se rétablisse. Espérons qu'avec l'aide de Dieu... L'ecclésiastique se lève alors, vous salue, puis quitte le salon, accompagné par la comtesse.
— Ayez la bonté de m'attendre, monsieur, je ne serai pas longue, vous dit-elle.
Un instant plus tard, il n'y a plus que vous dans la pièce. Les pas de l'abbé et de Mme de Sainte- Mouffle s'éloignent et vous disposez à présent de quelques minutes de tranquillité pour essayer de découvrir un quelconque indice qui vous sera peut- être utile dans la suite de votre enquête. Dans un coin du salon se trouve un secrétaire dont l'abattant est ouvert.
Vous pouvez, si tel est votre désir, examiner le contenu de ce meuble, et notamment de ses tiroirs.
Si vous préférez vous intéresser à un coffret posé sur une commode.
Et sachez faire preuve de discernement, car le temps dont vous disposez ne vous permettra de faire qu'un seul choix parmi les trois qui vous sont proposés.