Lecture des livres dont vous êtes le héros
5 Février 2013
(Ajoutez 1 point à l'Habileté de Loup*Ardent pour chaque adversaire tué.)
Pour Loup*Ardent, cet affrontement est une leçon salutaire car. s'il y a survécu, il n'en est pas sorti indemne. Sa poitrine et son ventre sont lacérés de profondes estafilades. Il est affaibli par la perte de sang. Et, surtout, la douleur aiguë qui, à chaque pas. lui laboure les poumons semble indiquer qu'il a une côte cassée. Mais le corps forgé dans le Désert est solide, et la première des vertus de Loup*Ardent est le courage. Aussi, après un instant de repos, se remet-il en marche. Il sait qu'il lui reste une distance considérable à parcourir pour atteindre Belgardium. Au matin du cinquième jour, après une nuit de som¬meil agité, son esprit est plus clair, mais son corps est encore faible. Bien qu'il fasse déjà chaud, il s'aperçoit, en se mettant péniblement debout, qu'il frissonne un peu. et il se demande si ses plaies ne se sont pas infectées. Au milieu de la matinée, quand le soleil est haut, il est certain d'avoir de la fièvre II transpire et grelotte tour à tour, et le moindre effort l'épuisé. Néanmoins, il contraint son corps languis¬sant à poursuivre sa route.
Le soir, il n'a parcouru que quelques kilomètres, et il est de plus en plus conscient que, s'il ne trouve pas rapidement de l'aide, le combat qu'il vient de gagner risque fort d'être sa plus grave défaite. La steppe qu'il traverse fait progressivement place à un sol plus raboteux qui l'oblige à se reposer plus souvent. Bien qu'il n'ait rien mangé de la journée, il se sent capable de chasser et, même la perspective de gratter le sol pour y dénicher des vers ou des racines, lui paraît au-delà de ses capacités actuelles. Son esprit, si clair le matin, devient tellement confus qu'il com¬mence à perdre son sens de l'orientation. Sa ténacité elle-même finit par s'émousser. Au lieu de chercher des repères mentaux qui jalonnent la route de Belgarium, toutes ses facultés sont concentrées sur le pro¬blème plus immédiat de poser un pied devant l"autre.
A la tombée du jour, il arrive au sommet d'une crête et découvre une vallée au fond de laquelle coule une rivière. Sans but précis, il commence à descendre la pente en titubant. Il est si hébété qu'il ne voit même pas d'où vient le coup qui lui fait perdre conscience.
Loup*Ardent est étendu dans l'obscurité. Des fragments d'images tournoient dans son cerveau enfiévré en un lent kaléidoscope. Un visage de femme, triste mais ravissant... une armée luttant contre des demons ailés... la silhouette d'un ami d'enfance du village de pierre. Les ténèbres.