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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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— Pourriez-vous me parler d'Archibald de Joubeuf? demandez-vous à votre interlocuteur.

Celui-ci éclate alors de rire.

— Pardonnez-moi, dit-il, il m'est toujours difficile d'entendre prononcer ce nom sans en être amusé. Archibald de Joubeuf s'appelle en réalité Archibald Joudebeuf. C'est un négociant qui a amassé une immense fortune dans le commerce des épices et des objets d'art ; sans doute est-il l'un des hommes les plus riches du royaume, mais il ne se console pas de n'être point noble. Aussi a-t-il décidé de se faire passer pour un aristocrate en changeant quelque peu son nom. Monsieur Joudebeuf, pardon, «de Jou-beuf », n'a, en dehors de l'argent et des honneurs, qu'une seule passion : ces ballons que l'on nomme aérostats, je crois, et grâce auxquels on peut, à ses risques et périls, s'envoler dans les airs jusqu'à une hauteur fort considérable. Il est à craindre, cependant, que ce brave négociant tombe un jour de très haut pour avoir voulu s'élever avec trop de hâte !

— Lui aussi pourrait peut-être financer le Masque de Sang?

— Monsieur Joudebeuf serait prêt sans nul doute à financer quiconque l'introduirait dans les cercles de l'aristocratie ; si vous voulez être bien reçu par lui. faites le gentilhomme, et il sera à vos ordres !

— Où puis-je trouver ce monsieur Joudebeuf? demandez-vous.

— Il habite le village d'Auteuil, rue des Perchamps, exactement. Son nom est inscrit sur le portail. L'habitude du négoce ne se.perd jamais ! ajoute M. de Courtemare d'un ton plein de mépris.

Vous n'avez pas d'autre question à poser et il ne vous reste plus qu'à prendre congé.

Je pars avec vous, dit Eloi de Courtemare, j'ai une visite à rendre avant de revenir au chevet de monsieur de la Gaillottière. Vous vous dirigez donc de concert vers la porte. Alors que vous vous apprêtez à sortir, vous voyez avec stupéfaction M. de Courtemare chausser des sabots de paysan.

— Je comprends votre étonnement, dit-il en éclatant de rire, figurez-vous que j'aime par-dessus tout marcher dans Paris, mais les rues y sont si boueuses que j'ai décidé de porter des sabots, en bon gentilhomme campagnard que je suis. On a beau vivre en ville, on n'en reste pas moins proche de ses origines !

Au moment de vous quitter, Eloi de Courtemare vous donne son adresse, rue de Grenelle, au cas où vous auriez besoin de le revoir. De toute évidence, il s'intéresse à votre enquête et se déclare prêt à vous apporter son aide dans toute la mesure de ses moyens. Après l'avoir salué, vous le regardez s'éloigner dans la rue de l'Université, marchant d'un pas assuré dans ses sabots qui contrastent singulièrement avec l'élégance de ses vêtements. A présent, que souhaitez-vous faire que vous n'ayez déjà fait ?

Vous rendre chez Clotilde de Sainte-Mouffle ?

Aller à l'auberge du Pont- Marie pour y louer la chambre 4 ?

Aller faire quelques achats que vous estimez indispensables ?

Suivre M. de Courtemare pour essayer de savoir à qui il va rendre visite ?

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